En bref
- MaPrimeRĂ©novâ est maintenue en 2026, mais avec des rĂšgles plus strictes et un ciblage renforcĂ© sur les logements les plus Ă©nergivores.
- Les logements F ou G basculent vers la rĂ©novation dâampleur : le âpar gesteâ devient beaucoup plus limitĂ© pour ces classes.
- Des travaux sortent du parcours par geste (notamment lâisolation des murs et les chaudiĂšres biomasse), mais restent finançables en rĂ©novation globale selon conditions.
- Plafonds dâaides en rĂ©novation dâampleur revus Ă la baisse et suppression du bonus âsortie de passoireâ.
- CEE en hausse : lâenveloppe dĂ©passerait 8 milliards dâeuros (+27% vs 2025), avec un calcul plus fin selon logement, climat, surface, Ă©quipements.
- DPE : nouveau calcul pour lâĂ©lectricitĂ© dĂšs 2026, avec environ 850 000 logements chauffĂ©s Ă lâĂ©lectrique qui changeraient de classe sans travaux.
- CopropriĂ©tĂ©s : dĂšs 2026, DPE collectif obligatoire pour celles de 50 lots ou moins (ancienne mĂ©thode tolĂ©rĂ©e jusquâau 31/12/2026).
Les aides aux travaux Ă©nergĂ©tiques entrent en 2026 avec une logique plus tranchĂ©e : moins de dispersion, plus de ciblage. Lâobjectif affichĂ© est de concentrer lâargent public et para-public sur ce qui fait rĂ©ellement baisser les consommations, en particulier dans les logements classĂ©s E, F ou G, souvent synonymes dâinconfort lâhiver, de surchauffe lâĂ©tĂ© et de factures erratiques. Pour beaucoup de mĂ©nages, la question nâest plus seulement âquelle prime ?â, mais âquel parcours ?â, car lâaccĂšs Ă certaines subventions passe dĂ©sormais par une rĂ©novation dâampleur, avec audit, coordination et rĂ©sultats mesurables. Dans le mĂȘme temps, le paysage se complexifie : montants rĂ©visĂ©s, travaux exclus ici mais encore possibles ailleurs, et DPE recalculĂ© pour mieux reflĂ©ter lâimpact carbone de lâĂ©lectricitĂ©. Pour illustrer concrĂštement, le fil conducteur suivra un couple fictif, Nadia et Thomas, propriĂ©taires dâune maison des annĂ©es 1970, qui hĂ©sitent entre âfaire petitâ (isolation des combles, changement de chauffage) et âfaire cohĂ©rentâ (bouquet de travaux, ventilation, Ă©tanchĂ©itĂ©, pilotage). Leur cas ressemble Ă celui de milliers de particuliers : une maison qui tient debout, mais qui âfuitâ lâĂ©nergie, et des aides qui imposent dĂ©sormais des choix structurants.
Aides travaux énergétiques 2026 : le nouveau paysage des subventions pour les particuliers
Ă partir du 1er janvier 2026, lâarchitecture des aides se lit moins comme un catalogue que comme une stratĂ©gie. Les pouvoirs publics cherchent Ă orienter les mĂ©nages vers des travaux qui produisent des gains mesurables, plutĂŽt que dâadditionner des gestes isolĂ©s sans cohĂ©rence thermique. Cette orientation se traduit par des dispositifs plus sĂ©lectifs, notamment pour les logements considĂ©rĂ©s comme des passoires thermiques, et par un suivi plus attentif de lâefficacitĂ© des projets financĂ©s.
Dans les faits, les montants ne se comprennent plus uniquement âpar Ă©quipementâ, mais aussi par niveau de performance avant/aprĂšs, anciennetĂ© du bĂąti, surface chauffĂ©e et ambition des travaux. Une isolation performante dans un pavillon mal ventilĂ© ne donne pas les mĂȘmes rĂ©sultats quâune approche globale intĂ©grant Ă©tanchĂ©itĂ© Ă lâair, ventilation et rĂ©gulation du chauffage. Câest exactement ce que vise la rĂ©forme : rĂ©compenser davantage les opĂ©rations qui rĂ©duisent nettement la consommation.
Lâautre point clĂ© concerne la logique âprioritĂ© aux plus Ă©nergivoresâ. Depuis la fin septembre 2025, lâaccĂšs Ă certains volets sâest dĂ©jĂ resserrĂ© sur les classes E, F ou G, avec un volume de dossiers encadrĂ©. En 2026, la tendance se prolonge : les aides continuent, mais elles sont pensĂ©es pour Ă©viter lâeffet dâaubaine et mieux concentrer lâeffort sur les logements oĂč lâimpact est maximal.
Pour Nadia et Thomas, dont la maison est classĂ©e F, cela change la façon de dĂ©cider. Remplacer la chaudiĂšre âtout de suiteâ pourrait paraĂźtre logique, mais si les travaux dâisolation des murs sortent du parcours le plus simple, le projet doit ĂȘtre repensĂ©. La question devient : faut-il dâabord traiter lâenveloppe (combles, planchers, menuiseries), ou engager une rĂ©novation coordonnĂ©e pour ĂȘtre finançable et cohĂ©rente ? Ce type dâarbitrage sera central en 2026.
Dernier Ă©lĂ©ment de contexte : le financement global. Le budget annoncĂ© pour les aides aux particuliers sâĂ©tablit autour de 3,4 milliards dâeuros, avec une baisse de dotation dâĂtat compensĂ©e par un recours plus fort aux certificats dâĂ©conomies dâĂ©nergie. Autrement dit, le mĂ©nage devra souvent composer avec plusieurs guichets (MaPrimeRĂ©novâ, CEE, aides locales), et lâoptimisation passera par une lecture fine des conditions.
La logique dâensemble est claire : 2026 ne supprime pas lâaide, elle change les rĂšgles du jeu en privilĂ©giant la performance rĂ©elle, ce qui ouvre naturellement sur le sujet central : MaPrimeRĂ©novâ et ses nouveaux parcours.
MaPrimeRĂ©novâ 2026 : parcours par geste, rĂ©novation dâampleur et travaux dĂ©sormais exclus
MaPrimeRĂ©novâ reste le dispositif pivot pour les particuliers, mais sa lecture en 2026 impose de distinguer deux logiques : le parcours par geste (travaux ciblĂ©s) et la rĂ©novation dâampleur (projet global avec saut de classes Ă©nergĂ©tiques). Cette distinction devient structurante, car lâaccĂšs aux aides dĂ©pendra davantage de la classe DPE et de lâambition du projet.
Le parcours par geste conserve lâintĂ©rĂȘt de financer des interventions simples, avec une mĂ©canique relativement lisible : devis, artisan RGE, dĂ©pĂŽt du dossier avant travaux, puis versement sur factures. Il reste utile quand un logement nâest pas dans la catĂ©gorie la plus critique, ou lorsquâun mĂ©nage doit Ă©taler son budget. En revanche, pour les logements F ou G, la rĂ©forme impose un cap : sortie progressive du âpar gesteâ au profit dâun parcours accompagnĂ©, câest-Ă -dire une rĂ©novation globale encadrĂ©e. LâidĂ©e est de limiter les demi-mesures dans les logements les plus Ă©nergivores.
Les opĂ©rations qui quittent le âpar gesteâ (mais pas forcĂ©ment le financement global)
Deux exclusions pĂšsent particuliĂšrement sur la stratĂ©gie des propriĂ©taires : les chaudiĂšres biomasse et lâisolation thermique des murs (quâelle soit par lâintĂ©rieur ou par lâextĂ©rieur) ne seraient plus finançables dans le parcours par geste. Cela ne signifie pas que ces postes deviennent âinterditsâ, mais quâils doivent ĂȘtre intĂ©grĂ©s dans une rĂ©novation dâampleur pour rester finançables sous conditions.
Pour Nadia et Thomas, câest un tournant. Leur premiĂšre idĂ©e Ă©tait une isolation des murs par lâextĂ©rieur pour gagner en confort et rĂ©duire les ponts thermiques. En 2026, ce chantier devra plutĂŽt sâinscrire dans un programme plus large (avec audit, cohĂ©rence des postes, et saut de classes Ă©nergĂ©tiques). Sans cette vision globale, lâaide pourrait tout simplement disparaĂźtre sur ce poste pourtant efficace.
Ce qui reste finançable en âpar gesteâ : des leviers encore pertinents
Les travaux qui restent Ă©ligibles dans cette logique concernent notamment lâisolation des combles, des planchers et des toitures, le remplacement de fenĂȘtres et menuiseries, ainsi que lâinstallation dâĂ©quipements performants comme certaines pompes Ă chaleur ou chauffe-eau thermodynamiques. Dans des configurations prĂ©cises, les poĂȘles et inserts peuvent encore avoir une place, Ă condition de respecter des critĂšres techniques et dâusage.
Ce maintien nâa rien dâanecdotique : isoler des combles perdus reste lâun des travaux au meilleur rapport coĂ»t/effet sur une maison, Ă condition de traiter lâĂ©tanchĂ©itĂ© Ă lâair et de ne pas nĂ©gliger la ventilation. Câest souvent le premier poste recommandĂ© lors dâun audit, surtout dans les pavillons des annĂ©es 1960â1980.
RĂ©novation dâampleur : des plafonds revus et une exigence de rĂ©sultats
Le parcours ârĂ©novation dâampleurâ conserve sa logique : un gain dâau moins deux classes au DPE, un audit Ă©nergĂ©tique obligatoire, et un projet coordonnĂ©. En 2026, les plafonds annoncĂ©s Ă©voluent Ă la baisse : pour un saut de 2 classes, le plafond passerait de 40 000 ⏠à 30 000 ⏠; pour 3 classes ou plus, de 55 000 ⏠à 40 000 âŹ. Le bonus de sortie de passoire thermique (10%) serait supprimĂ©.
Ce resserrement pousse Ă mieux calibrer le programme : prioriser lâenveloppe, dimensionner le chauffage aprĂšs isolation, et intĂ©grer une ventilation adaptĂ©e. La rĂ©forme nâempĂȘche pas de rĂ©nover, elle oblige Ă le faire dans le bon ordre. La section suivante Ă©claire justement les autres aides (CEE, coups de pouce, solaire) et leurs nouveaux Ă©quilibres.
Pour comprendre les dĂ©marches et lâĂ©cosystĂšme France RĂ©novâ, une vidĂ©o explicative aide Ă visualiser le parcours administratif et les points de vigilance.
CEE, Coups de pouce et équipements : comment les primes évoluent (pompe à chaleur, bois, solaire)
Ă cĂŽtĂ© de MaPrimeRĂ©novâ, les certificats dâĂ©conomies dâĂ©nergie (CEE) pĂšsent lourd dans le financement rĂ©el des travaux. Leur logique est diffĂ©rente : ce ne sont pas des crĂ©dits budgĂ©taires classiques, mais une obligation imposĂ©e aux fournisseurs dâĂ©nergie, qui financent des actions rĂ©duisant la consommation. En 2026, lâenveloppe CEE annoncĂ©e dĂ©passerait 8 milliards dâeuros, soit une hausse dâenviron 27% par rapport Ă 2025. Pour un particulier, cela signifie que le âreste Ă chargeâ peut varier fortement selon les opĂ©rations, la zone climatique, la surface chauffĂ©e et lâĂ©quipement choisi.
Les âcoups de pouceâ CEE, qui bonifient certaines fiches, Ă©voluent aussi. LĂ oĂč le dispositif a longtemps favorisĂ© le remplacement dâĂ©quipements polluants, il devient plus sĂ©lectif sur les technologies soutenues et sur les niveaux de performance attendus. Lâobjectif est dâĂ©viter les installations opportunistes et dâencourager des systĂšmes cohĂ©rents avec lâisolation et le fonctionnement rĂ©el du logement.
Chauffage au bois : un soutien en baisse pour les chaudiĂšres biomasse
Le bois Ă©nergie reste une ressource importante en France, mais la rĂ©forme 2026 prĂ©voit une diminution des montants dĂ©diĂ©s aux chaudiĂšres biomasse. ConcrĂštement, une prime qui se situait autour de 10 000 ⏠pourrait se rapprocher de 8 000 ⏠selon les configurations. Pour un mĂ©nage, lâeffet est immĂ©diat : la rentabilitĂ© se calcule avec plus de prudence, en intĂ©grant le coĂ»t du combustible, lâentretien, le stockage, et surtout lâadĂ©quation Ă une maison bien isolĂ©e.
Un point souvent sous-estimĂ© : une chaudiĂšre surdimensionnĂ©e dans une maison âpassĂ©e au chaudâ aprĂšs travaux fonctionne moins bien (cycles courts, rendement dĂ©gradĂ©). Une aide moins gĂ©nĂ©reuse peut paradoxalement pousser Ă mieux dimensionner, donc Ă gagner en efficacitĂ©.
Pompe à chaleur : priorité aux systÚmes non hybrides et fin programmée de certaines aides
Les pompes Ă chaleur air-eau restent un levier majeur, mais leurs primes sont revues. On observe une tendance Ă diffĂ©rencier davantage selon le type de PAC, avec un avantage accordĂ© aux modĂšles non hybrides. Les PAC hybrides, qui combinaient pompe Ă chaleur et appoint fossile, voient leur attractivitĂ© diminuer si les aides associĂ©es se rĂ©duisent ou sâarrĂȘtent. Le signal est clair : soutenir davantage les solutions bas carbone, Ă condition que lâenveloppe du bĂątiment permette un fonctionnement efficient.
Pour Nadia et Thomas, lâaudit montre que la PAC a du sens seulement aprĂšs isolation des combles et correction de certains points faibles (menuiseries cĂŽtĂ© nord, fuites dâair au garage). Sans cela, la puissance nĂ©cessaire grimpe, le coĂ»t augmente, et le confort reste irrĂ©gulier lors des pĂ©riodes froides.
Solaire combinĂ© : une aide âforfaitaireâ remplacĂ©e par une bonification
Les systĂšmes solaires combinĂ©s (chauffage + eau chaude) voient aussi leurs rĂšgles bouger : le forfait dâenviron 5 000 ⏠serait remplacĂ© par une logique de coefficient multiplicateur, avec un niveau final proche de 4 000 ⏠selon les cas. Cette Ă©volution oblige Ă comparer plus finement : orientation de toiture, surface disponible, besoins dâeau chaude, et complĂ©ment de chauffage existant. Un solaire combinĂ© performant se raisonne comme un projet technique, pas comme un simple âachat dâĂ©quipementâ.
| Type de travaux | Prime indicatrice avant 2026 | Prime indicatrice aprĂšs 2026 | Lecture pratique pour un particulier |
|---|---|---|---|
| ChaudiĂšre biomasse | 10 000 ⏠| 8 000 ⏠| Budget Ă recalculer, intĂ©rĂȘt renforcĂ© si rĂ©novation globale et bon dimensionnement |
| Pompe Ă chaleur air-eau | 7 000 ⏠| 6 000 ⏠| Solution pertinente surtout aprĂšs travaux dâisolation et rĂ©glages hydrauliques |
| SystĂšme solaire combinĂ© | 5 000 ⏠| â 4 000 ⏠(via bonification) | Comparaison indispensable selon toiture, besoins ECS et systĂšme de chauffage existant |
Ces montants restent indicatifs : les rĂšgles 2026 affinent les calculs et conditionnent davantage les primes au contexte du logement. La bonne nouvelle, câest quâavec des CEE plus puissants, le montage financier peut rester intĂ©ressant ; la difficultĂ©, câest quâil devient moins âautomatiqueâ. Le sujet suivant est donc dĂ©cisif : le DPE change, et cela modifie lâaccĂšs aux parcours et la dĂ©finition mĂȘme dâune passoire thermique.
Pour mieux comprendre les différences entre CEE, primes, et rénovations globales, une recherche vidéo ciblée permet de visualiser des cas concrets de montage financier.
Nouveau DPE 2026 et passoires thermiques : ce que le calcul de lâĂ©lectricitĂ© change vraiment
Le diagnostic de performance Ă©nergĂ©tique (DPE) nâest pas quâune Ă©tiquette sur une annonce immobiliĂšre : il conditionne lâaccĂšs Ă certains parcours dâaides et, pour les bailleurs, il influence directement la capacitĂ© Ă louer Ă mesure que les interdictions se dĂ©ploient. En 2026, un changement majeur intervient : le DPE applique un nouveau coefficient de conversion pour lâĂ©lectricitĂ©, afin de mieux reflĂ©ter sa contribution plus faible aux Ă©missions de gaz Ă effet de serre par rapport aux Ă©nergies fossiles.
Effet attendu : environ 850 000 logements chauffĂ©s Ă lâĂ©lectricitĂ© sortiraient des classes F ou G sans travaux, uniquement via ce recalcul. Cela ne signifie pas que ces logements deviennent âexemplairesâ du jour au lendemain. Cela signifie que la grille dâĂ©valuation devient plus cohĂ©rente avec lâobjectif carbone, et que la notion de passoire thermique se recentre davantage sur les biens fortement consommateurs dâĂ©nergies fossiles (fioul, gaz) ou structurellement trĂšs dĂ©perditifs.
Pourquoi ce recalcul peut aider⊠et pourquoi il peut aussi brouiller les décisions
Pour de petites surfaces chauffĂ©es Ă lâĂ©lectrique, la note DPE sâamĂ©liore souvent. Câest un soulagement pour des propriĂ©taires qui se retrouvaient âpĂ©nalisĂ©sâ malgrĂ© une consommation raisonnable. Mais cela peut aussi crĂ©er une illusion : un appartement peut passer de G Ă E sans que le confort dâhiver ne change, ni que les parois soient mieux isolĂ©es. La rĂ©forme amĂ©liore la lecture carbone, pas nĂ©cessairement la rĂ©alitĂ© thermique des murs.
La bonne pratique consiste Ă lire le DPE comme un signal, puis Ă regarder le logement âen vraiâ : tempĂ©rature de paroi, sensation de parois froides, courants dâair, humiditĂ©, qualitĂ© de ventilation. Un DPE reclassĂ© ne doit pas empĂȘcher de traiter une isolation insuffisante si lâinconfort persiste.
ConsĂ©quences directes sur lâaccĂšs aux aides et la stratĂ©gie de travaux
Si un logement sort des classes F/G grĂące au recalcul, son propriĂ©taire peut retrouver de la souplesse sur certains parcours. Ă lâinverse, les logements qui restent F/G aprĂšs 2026 sont, par dĂ©finition, des cas plus âdursâ : souvent des maisons anciennes mal isolĂ©es, chauffĂ©es au fioul ou au gaz, avec de fortes pertes. Les aides publiques seront alors orientĂ©es vers des rĂ©novations plus lourdes, avec davantage dâexigence sur les rĂ©sultats.
Dans le cas de Nadia et Thomas, la maison est chauffĂ©e au gaz. Le nouveau coefficient Ă©lectricitĂ© ne change rien Ă leur classement. Leur stratĂ©gie reste celle dâune rĂ©novation cohĂ©rente : dâabord lâenveloppe, ensuite le chauffage, tout en sĂ©curisant la ventilation pour Ă©viter moisissures et air viciĂ©. La rĂ©forme pousse finalement vers une logique de projet, pas de shopping dâĂ©quipements.
Pour les bailleurs : une vigilance renforcée malgré le recalcul
Les propriĂ©taires bailleurs doivent raisonner en scĂ©nario : si le logement reste F/G aprĂšs 2026, les travaux deviennent urgents pour Ă©viter les restrictions de location. Si le logement remonte en E, il gagne du temps, mais il nâest pas âsorti dâaffaireâ sur le confort ni sur la valeur verte. La location se joue aussi sur la confiance du locataire : un logement moins Ă©nergivore se loue mieux, et se dĂ©fend mieux lors dâune renĂ©gociation de loyer ou dâune vacance.
La section suivante complÚte le tableau : les copropriétés font face à de nouvelles obligations et, cÎté particuliers, la préparation administrative devient une partie intégrante de la réussite du chantier.
Copropriétés, obligations 2026 et méthode pour monter un dossier solide sans se tromper de parcours
La rĂ©novation Ă©nergĂ©tique ne concerne pas uniquement les maisons individuelles. En copropriĂ©tĂ©, les dĂ©cisions sont collectives, les calendriers plus longs, et les obligations rĂ©glementaires Ă©voluent. Ă compter du 1er janvier 2026, les copropriĂ©tĂ©s de 50 lots ou moins devront disposer dâun DPE collectif. Ce document devient un socle pour prioriser les travaux, justifier un plan pluriannuel, et dialoguer avec les aides disponibles.
Une mesure de transition est prĂ©vue : les anciennes mĂ©thodes dâĂ©valuation restent acceptĂ©es jusquâau 31 dĂ©cembre 2026. Lâobjectif est de laisser aux syndics et conseils syndicaux le temps dâorganiser la mise Ă jour, sans bloquer les projets dĂ©jĂ engagĂ©s. Dans un contexte oĂč les entreprises et bureaux dâĂ©tudes sont sollicitĂ©s, ce dĂ©lai Ă©vite un embouteillage rĂ©glementaire.
MaPrimeRĂ©novâ CopropriĂ©tĂ© : un seuil de gain Ă©nergĂ©tique qui impose de raisonner âbĂątimentâ
Le dispositif copropriĂ©tĂ© reste accessible si le projet atteint un gain Ă©nergĂ©tique dâau moins 35%. Ce seuil favorise les chantiers structurants : isolation des façades, traitement des planchers bas, rĂ©fection de toiture avec isolation, amĂ©lioration de la ventilation, Ă©quilibrage des rĂ©seaux, rĂ©novation de chaufferie, rĂ©gulation. Un simple remplacement dâĂ©quipement sans traitement de lâenveloppe a peu de chances dâatteindre le niveau attendu.
Un exemple courant : une copropriĂ©tĂ© des annĂ©es 1970 chauffĂ©e collectivement peut hĂ©siter entre changer la chaudiĂšre et isoler la façade. Avec lâexigence de gain, lâisolation devient souvent le âmoteurâ du rĂ©sultat, et la chaufferie lâoptimisation finale. Cette logique est techniquement saine : rĂ©duire les besoins avant de produire la chaleur.
Préparer un projet en 2026 : une méthode simple en 7 étapes
- VĂ©rifier la classe DPE (et anticiper lâeffet du nouveau calcul Ă©lectricitĂ© si le logement est concernĂ©).
- Choisir le bon parcours : geste isolĂ© ou rĂ©novation dâampleur, en gardant en tĂȘte les contraintes sur les classes F/G.
- Faire réaliser un audit énergétique quand la rénovation globale est visée : il sert de feuille de route et évite les incohérences.
- Prioriser lâenveloppe (combles, planchers, menuiseries, Ă©tanchĂ©itĂ©) avant de dimensionner le chauffage.
- SĂ©curiser la ventilation : une maison plus Ă©tanche sans renouvellement dâair crĂ©e des pathologies (humiditĂ©, moisissures).
- Consulter plusieurs devis RGE et exiger des dĂ©tails (Ă©paisseurs dâisolant, performances, marque/rĂ©fĂ©rence, rĂ©glages, Ă©quilibrage).
- Monter le financement en âcouchesâ : MaPrimeRĂ©novâ + CEE + aides locales Ă©ventuelles, en dĂ©posant les demandes avant dĂ©marrage.
Cette mĂ©thode Ă©vite lâerreur la plus coĂ»teuse : commencer des travaux non Ă©ligibles, ou mal sĂ©quencĂ©s, puis dĂ©couvrir que lâaide attendue disparaĂźt. En 2026, la rĂšgle dâor reste la mĂȘme : ne jamais signer un chantier sans vĂ©rifier le parcours et lâordre des dĂ©marches.
Enfin, un point de vigilance : les objectifs annoncĂ©s (environ 120 000 rĂ©novations dâampleur et 150 000 rĂ©novations par geste) sâinscrivent dans un systĂšme oĂč des dossiers peuvent ĂȘtre en attente dâune annĂ©e sur lâautre. Il est donc prudent dâanticiper, de dĂ©poser tĂŽt, et de construire un dossier robuste, lisible, complet. La qualitĂ© administrative devient un levier aussi important que la qualitĂ© technique.
La derniÚre étape logique consiste à répondre aux questions récurrentes : éligibilité, cumul, DPE, et erreurs à éviter.
Un logement classĂ© F ou G pourra-t-il encore faire des travaux âpar gesteâ en 2026 ?
La rĂ©forme 2026 prĂ©voit un basculement des logements F ou G vers un parcours accompagnĂ© (rĂ©novation dâampleur) pour Ă©viter les rĂ©novations partielles peu efficaces. Certains gestes simples peuvent rester possibles selon les rĂšgles finales, mais la logique dominante est : pour F/G, privilĂ©gier un projet global encadrĂ© avec audit et gain de classes Ă©nergĂ©tiques.
Lâisolation des murs est-elle supprimĂ©e des aides en 2026 ?
Elle sort du parcours MaPrimeRĂ©novâ âpar gesteâ selon les Ă©volutions annoncĂ©es, mais elle peut rester finançable dans le cadre dâune rĂ©novation dâampleur (parcours accompagnĂ©), si le projet respecte les critĂšres de performance et de gain au DPE. Lâenjeu est donc de lâintĂ©grer dans un bouquet cohĂ©rent plutĂŽt que de la traiter isolĂ©ment.
Le nouveau calcul du DPE pour lâĂ©lectricitĂ© signifie-t-il quâil nây a plus besoin de rĂ©nover ?
Non. Le recalcul amĂ©liore la cohĂ©rence carbone de lâĂ©tiquette et peut faire sortir certains logements Ă©lectriques des classes F/G sans travaux. Mais il ne change pas lâĂ©tat rĂ©el des parois, les courants dâair ou lâinconfort. La dĂ©cision de rĂ©nover doit rester basĂ©e sur les besoins du logement : confort, factures, humiditĂ©, valeur immobiliĂšre.
Peut-on cumuler MaPrimeRĂ©novâ et les CEE en 2026 ?
Oui, le cumul reste généralement possible et constitue souvent le montage le plus efficace pour réduire le reste à charge. Il faut toutefois respecter les rÚgles de dépÎt (demandes avant démarrage) et vérifier que les devis et performances correspondent bien aux exigences de chaque dispositif.
Quelles sont les erreurs les plus frĂ©quentes lors dâune demande dâaide travaux en 2026 ?
Les erreurs classiques sont : dĂ©marrer les travaux avant lâaccord, choisir un artisan non RGE, sĂ©lectionner un geste isolĂ© alors que le logement impose une rĂ©novation dâampleur, oublier la ventilation dans un projet dâisolation, et sous-estimer lâimpact du DPE (notamment aprĂšs mise Ă jour 2026 pour lâĂ©lectricitĂ©) sur le choix du parcours.


