Le marc de cafĂ© est lâun de ces rĂ©sidus domestiques qui semblent modestes, mais qui peuvent trouver une place utile dans un jardin, sur un balcon ou dans une maison plantĂ©e. Ă condition de ne pas lui attribuer des pouvoirs quâil nâa pas. Il ne transforme pas une terre calcaire en sol de bruyĂšre, ne remplace pas un compost mĂ»r et ne protĂšge pas durablement les cultures contre tous les ravageurs. En revanche, utilisĂ© avec mesure, il apporte de la matiĂšre organique et accompagne lâactivitĂ© biologique du sol.
Le bon usage repose sur trois rĂ©flexes simples : faire sĂ©cher le marc, lâemployer en faible quantitĂ© et lâincorporer Ă la terre ou au compost plutĂŽt que de le dĂ©poser en tas. Hortensias, rosiers, tomates, fougĂšres ou bĂ©gonias peuvent tirer parti de cet appoint discret. Dâautres vĂ©gĂ©taux, notamment la lavande, les cactus ou les choux, y gagnent peu et prĂ©fĂšrent un sol dâune autre nature. Dans le jardin comme dans lâhabitat durable, le geste efficace est rarement spectaculaire : il consiste Ă observer, doser et agir au bon endroit.
En bref
- Le marc de café est un amendement léger : il soutient la vie du sol sans remplacer un engrais complet ni un compost de qualité.
- La meilleure mĂ©thode consiste Ă le sĂ©cher, puis Ă lâincorporer superficiellement ou Ă le verser dans le compost.
- Les plantes de terre de bruyÚre, certains rosiers et les légumes-fruits peuvent en recevoir avec modération.
- Les apports frĂ©quents, humides ou trop Ă©pais favorisent la croĂ»te en surface, lâexcĂšs dâeau et les moisissures.
- Les plantes mĂ©diterranĂ©ennes, succulentes et brassicacĂ©es demandent dâautres solutions adaptĂ©es Ă leur terrain.
Marc de cafĂ© au jardin : comprendre ce quâil apporte rĂ©ellement au sol
Chaque cafĂ© prĂ©parĂ© produit un rĂ©sidu brun riche en fibres et en matiĂšre organique. Au lieu de rejoindre systĂ©matiquement les ordures mĂ©nagĂšres, cette matiĂšre peut participer Ă un cycle plus cohĂ©rent entre cuisine, compost et jardin. Son intĂ©rĂȘt est concret, mais il doit ĂȘtre placĂ© Ă sa juste mesure. Le marc nâest pas un fertilisant concentrĂ© comparable Ă un engrais liquide : il agit progressivement, au rythme de sa dĂ©composition par les organismes prĂ©sents dans la terre.
Sa composition moyenne comprend environ 2 % dâazote, 0,3 % de phosphore et 0,7 % de potassium, avec une faible quantitĂ© de magnĂ©sium. Ces Ă©lĂ©ments interviennent dans les fonctions essentielles de la vĂ©gĂ©tation. Lâazote accompagne le dĂ©veloppement des tiges et du feuillage, le phosphore participe Ă lâenracinement, tandis que le potassium contribue Ă lâĂ©quilibre global des vĂ©gĂ©taux. Le magnĂ©sium joue aussi un rĂŽle dans la photosynthĂšse.
Ce profil reste modeste. Pour un potager généreux ou des plantes trÚs florifÚres, il serait inefficace de compter uniquement sur le café du matin. Le compost mûr, le paillage, une terre bien structurée et des arrosages réguliers restent les vraies fondations. Le marc apporte un complément local, gratuit et facilement disponible, pas une solution universelle.
Une matiĂšre organique utile dans les sols difficiles
Dans une terre argileuse, souvent compacte aprĂšs les pluies puis sĂšche et dure en pĂ©riode chaude, les apports organiques rĂ©guliers amĂ©liorent peu Ă peu la structure. Le marc ne doit jamais former Ă lui seul une couche Ă©paisse, mais il sâintĂšgre bien dans un mĂ©lange associant compost, feuilles mortes broyĂ©es et broyat de taille. Ce type de matiĂšre favorise une terre plus souple, dans laquelle lâair et lâeau circulent mieux.
Dans les sols sableux, le problĂšme est inverse. Lâeau sâinfiltre trop vite et entraĂźne avec elle une partie des Ă©lĂ©ments nutritifs. Un apport modĂ©rĂ© de matiĂšre organique contribue alors Ă retenir davantage lâhumiditĂ©. Cette amĂ©lioration est particuliĂšrement apprĂ©ciable dans les jardiniĂšres exposĂ©es au soleil ou dans les massifs qui subissent la sĂ©cheresse estivale.
Lucie, qui entretient quelques bacs sur une terrasse urbaine, récupÚre son marc deux à trois fois par semaine dans un récipient ouvert. AprÚs séchage sur une assiette, elle le mélange avec des épluchures, du carton brun déchiré et des feuilles sÚches dans un composteur de balcon. Quelques mois plus tard, ce compost enrichit les jardiniÚres sans tasser le terreau. Ce fonctionnement simple illustre la voie la plus fiable : le compostage reste souvent la meilleure destination du marc de café.
| ĂlĂ©ment apportĂ© | RĂŽle principal | Ce quâil faut retenir |
|---|---|---|
| Azote | Feuillage et croissance des tiges | Libération lente, sans effet immédiat spectaculaire |
| Phosphore | Racines et floraison | Présent en faible proportion |
| Potassium | Ăquilibre gĂ©nĂ©ral et rĂ©sistance | ComplĂšte un sol dĂ©jĂ bien nourri |
| MatiĂšre organique | Vie microbienne et structure du sol | Atout principal lorsquâelle est mĂ©langĂ©e Ă dâautres ressources |
Le pH du marc aprÚs extraction est généralement proche de la neutralité ou légÚrement acide. Son effet correcteur sur un terrain reste donc limité. Il serait illusoire de vouloir modifier fortement une terre calcaire avec quelques poignées de café. Mieux vaut sélectionner des espÚces adaptées au contexte existant et réserver les cultures exigeantes en acidité à des bacs préparés avec un substrat approprié.
Certains jardiniers lâutilisent pour Ă©loigner limaces, fourmis ou pucerons. Lâeffet peut ĂȘtre ponctuel, notamment tant que le dĂ©pĂŽt est sec, mais il disparaĂźt vite avec lâhumiditĂ©. Pour les rosiers, la prĂ©vention passe surtout par lâobservation et des mĂ©thodes ciblĂ©es, comme celles prĂ©sentĂ©es dans ce guide sur la gestion des pucerons sur les rosiers. Un sol vivant et diversifiĂ© est plus utile quâun remĂšde isolĂ© appliquĂ© sans diagnostic.

Quelles fleurs et plantes ornementales profitent du marc de café ?
Les plantes ornementales nâont pas toutes les mĂȘmes besoins. Certaines apprĂ©cient les sols riches en humus, frais sans ĂȘtre gorgĂ©s dâeau, et lĂ©gĂšrement acides. Dâautres se dĂ©veloppent mieux dans une terre calcaire, pauvre et trĂšs drainante. Le marc de cafĂ© peut accompagner les premiĂšres, Ă condition de ne pas ĂȘtre appliquĂ© comme un paillage compact au pied des tiges.
Les plantes dites de terre de bruyĂšre constituent les candidates les plus Ă©videntes. Hortensias, azalĂ©es, rhododendrons, camĂ©lias et certains magnolias apprĂ©cient un environnement organique et humifĂšre. Dans un massif dĂ©jĂ bien prĂ©parĂ©, le cafĂ© sec peut enrichir lâentretien courant. Il ne doit toutefois pas devenir le principal matĂ©riau utilisĂ© autour de ces arbustes.
Hortensias, azalées et camélias : des apports trÚs mesurés
Lâhortensia est souvent associĂ© au marc de cafĂ©, notamment Ă cause de la couleur bleue de certaines variĂ©tĂ©s. La rĂ©alitĂ© est plus nuancĂ©e. La coloration dĂ©pend de lâaciditĂ©, de la prĂ©sence dâaluminium assimilable, de la variĂ©tĂ© et parfois mĂȘme de la qualitĂ© de lâeau dâarrosage. Le marc peut contribuer Ă un terrain favorable, mais il ne garantit jamais Ă lui seul une floraison bleue.
Pour un hortensia installĂ© en pleine terre, une Ă deux cuillĂšres Ă soupe de marc sec par pied, une fois par mois au printemps et au dĂ©but de lâĂ©tĂ©, suffisent. La matiĂšre doit ĂȘtre rĂ©partie Ă quelques centimĂštres des tiges, puis mĂ©langĂ©e dĂ©licatement aux premiers centimĂštres de sol. Les racines de ces arbustes restent souvent proches de la surface : un travail trop profond est inutile et peut les fragiliser.
Les plantations voisines ont aussi leur importance. Un massif Ă©quilibrĂ© conserve mieux son humiditĂ©, limite les zones de terre nue et structure visuellement le jardin. Pour choisir des compagnons adaptĂ©s sans mettre les arbustes en concurrence, il est utile de consulter les conseils consacrĂ©s aux plantes Ă associer avec les hortensias. Lâajout de feuilles mortes, dâĂ©corces de pin ou de broyat demeure plus structurant quâun apport rĂ©pĂ©tĂ© de marc.
Rosiers, géraniums et bégonias : un appoint, jamais une surcharge
Les rosiers apprĂ©cient une terre nourrie au moment de leur reprise printaniĂšre. Pour un sujet adulte, deux cuillĂšres Ă soupe de marc sec, mĂ©langĂ©es superficiellement au sol toutes les six Ă huit semaines durant la croissance, constituent une dose largement suffisante. Le geste doit ĂȘtre complĂ©tĂ© par du compost mĂ»r, particuliĂšrement dans les sols pauvres.
Il ne faut pas verser le rĂ©sidu au cĆur de la touffe ni sur les jeunes pousses. Une matiĂšre fine et humide peut favoriser des zones confinĂ©es, peu propices Ă la santĂ© du pied. La floraison dĂ©pend davantage de lâexposition, de la taille, de lâarrosage et de la qualitĂ© gĂ©nĂ©rale de la terre que de lâajout dâun ingrĂ©dient isolĂ©.
Les gĂ©raniums et les bĂ©gonias en jardiniĂšre rĂ©clament encore plus de retenue. Une cuillĂšre Ă cafĂ© de marc sec, mĂ©langĂ©e au terreau dâun bac classique, suffit. Le volume limitĂ© des contenants rend les excĂšs plus visibles et plus rapides : humiditĂ© stagnante, apparition de duvet blanc ou surface durcie doivent conduire Ă arrĂȘter immĂ©diatement les apports.
Les fougĂšres de jardin peuvent Ă©galement bĂ©nĂ©ficier dâun sol enrichi en humus. Elles prĂ©fĂšrent toutefois lâombre ou la mi-ombre et une fraĂźcheur rĂ©guliĂšre. Leur offrir du marc sans corriger une exposition trop sĂšche nâaurait aucun sens. La bonne plante au bon emplacement reste toujours la premiĂšre forme de fertilisation.
Marc de café au potager : tomates, courgettes et légumes-racines
Au potager, le marc de cafĂ© peut sâintĂ©grer Ă une dĂ©marche de fertilitĂ© durable, mais les cultures gourmandes demandent une approche complĂšte. Tomates, aubergines, concombres, courges et courgettes produisent longtemps et puisent beaucoup dans le sol. Elles ont besoin dâune terre profonde, dâun compost bien dĂ©composĂ©, dâun arrosage suivi et dâun paillage qui limite lâĂ©vaporation.
Dans ce contexte, le cafĂ© sec accompagne utilement les prĂ©parations, sans devenir le centre de la stratĂ©gie. Une petite poignĂ©e mĂ©langĂ©e Ă la terre extraite lors de la plantation dâune tomate est suffisante, Ă condition dây ajouter deux ou trois poignĂ©es de compost mĂ»r. Le mĂ©lange doit ĂȘtre homogĂšne avant dâaccueillir le plant. DĂ©poser une masse compacte au fond du trou peut au contraire gĂȘner la bonne circulation de lâeau et de lâair autour des jeunes racines.
Tomates, courges et courgettes : nourrir le terrain avant de nourrir la plante
Pour les tomates, une cuillĂšre Ă soupe autour de chaque pied une fois par mois reprĂ©sente une limite raisonnable pendant la belle saison. Cette petite quantitĂ© doit ĂȘtre griffĂ©e trĂšs lĂ©gĂšrement et couverte dâun paillage. Lorsque les fruits apparaissent, maintenir une humiditĂ© rĂ©guliĂšre devient beaucoup plus dĂ©terminant que multiplier les apports organiques.
Un excĂšs dâazote favorise parfois un feuillage trĂšs abondant au dĂ©triment de la fructification. Ce phĂ©nomĂšne rappelle pourquoi le marc doit rester un soutien discret. Une tomate productive nâest pas celle qui reçoit le plus dâajouts, mais celle qui sâinstalle dans une terre Ă©quilibrĂ©e et ne subit pas de variations brutales dâeau ou de tempĂ©rature.
Les courgettes et les courges aiment elles aussi les sols organiques, mais elles apprĂ©cient surtout les matiĂšres dĂ©jĂ transformĂ©es. IntĂ©grer le marc au compost est donc particuliĂšrement pertinent pour ces cultures. Lorsque vient le moment de planter, le compost mĂ»r restitue une nourriture plus homogĂšne et une texture plus favorable. Les repĂšres pratiques pour planter les courgettes au potager aident Ă©galement Ă choisir lâespacement, lâexposition et le rythme dâarrosage adaptĂ©s.
Carottes et radis : une préparation légÚre avant les semis
Les légumes-racines demandent une terre fine, meuble et sans morceaux grossiers. Les carottes réagissent mal à un sol trop riche en matiÚre fraßche ou mal décomposée : elles risquent de devenir fourchues et irréguliÚres. Sur une planche destinée aux carottes, un petit verre de marc parfaitement sec pour un mÚtre carré, mélangé superficiellement avant le semis, suffit largement.
Les radis poussent rapidement. Ils bĂ©nĂ©ficient davantage dâun arrosage rĂ©gulier et dâune levĂ©e homogĂšne que dâapports rĂ©pĂ©tĂ©s. Certains jardiniers mĂ©langent un peu de marc sec aux graines pour faciliter une rĂ©partition espacĂ©e sur le rang. Cette mĂ©thode peut fonctionner, Ă condition de ne pas crĂ©er de paquets qui durciraient aprĂšs une pluie.
- à la plantation des tomates : une petite poignée sÚche, mélangée à la terre et au compost.
- En entretien des légumes-fruits : une cuillÚre à soupe par plant, environ une fois par mois.
- Pour les carottes : un petit verre maximum par mÚtre carré, avant le semis.
- Pour les courges et courgettes : privilégier le passage par le compost.
- Pour les jeunes semis : éviter tout dépÎt en surface susceptible de former une croûte.
Une planche potagĂšre se construit sur plusieurs saisons. Rotations, couvert vĂ©gĂ©tal, compost et paillage font Ă©voluer progressivement la qualitĂ© du terrain. Le marc devient efficace lorsquâil sâinscrit dans cette continuitĂ©, non lorsquâil est utilisĂ© comme un correctif dâurgence.
Plantes dâintĂ©rieur et marc de cafĂ© : des quantitĂ©s trĂšs limitĂ©es
Dans une maison, les rĂšgles changent. Un pot ne possĂšde ni la profondeur ni lâactivitĂ© biologique dâun sol de jardin. Le terreau est confinĂ©, lâeau sây Ă©vacue parfois mal et les racines disposent dâun espace rĂ©duit. Pour ces raisons, le marc de cafĂ© doit ĂȘtre utilisĂ© beaucoup plus rarement Ă lâintĂ©rieur quâen pleine terre.
Le principal problĂšme est mĂ©canique. Lorsquâil est encore humide, le marc forme rapidement une surface compacte. Lâeau pĂ©nĂštre moins bien, lâair circule difficilement et des moisissures peuvent apparaĂźtre. Dans un salon peu ventilĂ© ou sur une Ă©tagĂšre proche dâune source de chaleur, cette dĂ©gradation est souvent plus rapide quâon ne lâimagine.
FougÚres, philodendrons, anthuriums et bégonias
Les fougĂšres, philodendrons, anthuriums et bĂ©gonias apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement un substrat organique, souple et lĂ©gĂšrement acide. Ils peuvent donc recevoir une infime quantitĂ© de marc, mais uniquement lorsquâil est entiĂšrement sec et friable. Pour un pot de 15 Ă 20 centimĂštres de diamĂštre, une cuillĂšre Ă cafĂ© incorporĂ©e aux deux premiers centimĂštres de terreau est suffisante.
Cette opĂ©ration ne doit pas ĂȘtre renouvelĂ©e plus de trois ou quatre fois dans lâannĂ©e. Entre deux apports, il convient dâobserver la rĂ©action de la plante : nouvelles feuilles, terreau aĂ©rĂ©, absence dâodeur inhabituelle et Ă©coulement correct de lâeau sont des indicateurs favorables. Une surface sombre, humide, compacte ou couverte dâun duvet blanc exige au contraire une pause immĂ©diate.
Le rempotage reprĂ©sente le moment le plus sĂ»r pour employer ce rĂ©sidu. Dans un litre de terreau neuf, une cuillĂšre Ă soupe de marc sec est un maximum raisonnable. Le mĂ©lange peut ĂȘtre complĂ©tĂ©, selon la plante, par de la fibre de coco, des Ă©corces fines, de la perlite ou de la pouzzolane. Lâobjectif est dâobtenir une structure respirante, jamais un substrat collant.
Les végétaux à préserver de cet apport
Les orchidĂ©es ne doivent pas recevoir de marc dans leur pot. Leurs racines ont besoin dâun support trĂšs aĂ©rĂ©, composĂ© principalement dâĂ©corces. Une matiĂšre fine risque de sâaccumuler, de retenir lâhumiditĂ© et de fragiliser lâĂ©quilibre nĂ©cessaire Ă ces vĂ©gĂ©taux.
Les cactus, succulentes et sanseviĂšres sont Ă©galement de mauvais candidats. Ils prĂ©fĂšrent un substrat minĂ©ral, drainant et peu humide. Leur ajouter du cafĂ©, mĂȘme sec, nâapporte aucun bĂ©nĂ©fice Ă©vident et augmente surtout le risque de stagnation autour des racines. Dans ces cas, un mĂ©lange adaptĂ© et des arrosages espacĂ©s constituent les choix les plus sĂ»rs.
Le cas dâun philodendron placĂ© dans un cache-pot sans trou est rĂ©vĂ©lateur. MĂȘme un apport minime peut devenir problĂ©matique si lâeau ne sâĂ©vacue pas. Avant de modifier le terreau, il faut vĂ©rifier le drainage, vider les soucoupes et adapter la frĂ©quence dâarrosage Ă la luminositĂ© rĂ©elle de la piĂšce. Le marc ne corrige jamais un dĂ©faut de pot, de lumiĂšre ou dâarrosage.
Erreurs avec le marc de cafĂ© : plantes Ă Ă©viter et calendrier dâusage
Le marc de cafĂ© est souvent prĂ©sentĂ© comme une ressource naturelle utilisable partout. Cette vision conduit Ă des erreurs simples mais frĂ©quentes : dĂ©pĂŽts quotidiens au pied dâune plante, utilisation du rĂ©sidu humide, couche Ă©paisse Ă la surface dâun pot ou emploi sur des vĂ©gĂ©taux qui prĂ©fĂšrent les sols secs et calcaires. Les problĂšmes qui suivent ne viennent pas du cafĂ© lui-mĂȘme, mais dâun usage mal adaptĂ©.
Une accumulation de particules fines peut former une croĂ»te compacte. Elle absorbe lâeau dans un premier temps, puis ralentit son infiltration et asphyxie peu Ă peu la surface. En Ă©tĂ©, cette couche peut sĂ©cher et devenir presque impermĂ©able. En pĂ©riode humide, elle favorise au contraire la fermentation et les champignons de surface.
Lavande, romarin, choux et succulentes : choisir un amendement compatible
Les plantes mĂ©diterranĂ©ennes telles que la lavande, le romarin, le thym et les santolines prĂ©fĂšrent un sol drainant, souvent pauvre et parfois calcaire. Leur apporter du marc de maniĂšre rĂ©pĂ©tĂ©e va Ă lâencontre de leurs besoins. Pour elles, il est plus utile dâamĂ©liorer le drainage avec des Ă©lĂ©ments minĂ©raux, de choisir une exposition trĂšs ensoleillĂ©e et dâĂ©viter les arrosages excessifs.
Les choux et les autres brassicacĂ©es apprĂ©cient gĂ©nĂ©ralement les terres neutres Ă calcaires. Ils tirent davantage parti dâun compost mĂ»r, dâun sol bien prĂ©parĂ© et, si nĂ©cessaire, dâun ajustement calcaire rĂ©alisĂ© aprĂšs un test de pH. Le cafĂ© nâest donc pas un choix prioritaire pour ces cultures.
Les cactus et les succulentes doivent conserver un mĂ©lange pauvre en matiĂšres fines, avec une Ă©vacuation rapide de lâeau. Tout apport organique humide augmente le risque de pourriture racinaire. Il vaut mieux les laisser dans leur substrat spĂ©cifique que dâexpĂ©rimenter des recettes universelles.
Un rythme saisonnier simple pour éviter les excÚs
Au printemps, le marc sec peut rejoindre le compost ou ĂȘtre mĂ©langĂ© avec parcimonie Ă la terre lors des plantations. Cette pĂ©riode correspond au redĂ©marrage de nombreuses cultures et Ă la prĂ©paration des massifs. Les doses doivent rester faibles, surtout si le sol a dĂ©jĂ reçu du compost.
En Ă©tĂ©, les prioritĂ©s changent. Le paillage, lâarrosage au pied et la surveillance des plantes deviennent plus utiles que les apports directs. Ajouter une matiĂšre fine sur un sol dĂ©jĂ chaud et sec peut nuire davantage quâaider. Les tontes sĂ©chĂ©es, la paille ou les feuilles broyĂ©es remplissent mieux le rĂŽle de couverture.
En automne, le cafĂ© trouve naturellement sa place avec les feuilles mortes dans le compost. LâĂ©quilibre entre matiĂšres humides et matiĂšres sĂšches limite les odeurs et favorise une dĂ©composition rĂ©guliĂšre. En hiver, il peut ĂȘtre stockĂ© au sec dans un rĂ©cipient respirant, plutĂŽt que conservĂ© dans une boĂźte fermĂ©e oĂč il moisirait rapidement.
- Ătaler le marc du jour sur une soucoupe ou un plateau.
- Le laisser sĂ©cher entiĂšrement en lâĂ©miettant si nĂ©cessaire.
- Le mélanger à des feuilles, du carton brun ou des épluchures dans le compost.
- Réserver les apports directs aux plantes identifiées comme compatibles.
- Observer le sol et stopper les apports dĂšs quâune croĂ»te ou une moisissure apparaĂźt.
Un test de pH peut ĂȘtre utile lorsquâun massif dĂ©pĂ©rit ou lorsque les amendements se succĂšdent depuis plusieurs annĂ©es. Il fournit un premier repĂšre, sans remplacer une analyse complĂšte. Dans un jardin familial, cette dĂ©marche Ă©vite dâajouter des matiĂšres par habitude, alors quâun simple changement de plantation, de paillage ou dâexposition serait plus pertinent.
Le marc ne constitue pas non plus une dĂ©fense durable contre les limaces ou les insectes. La diversitĂ© vĂ©gĂ©tale, les abris pour auxiliaires et le suivi des cultures restent des rĂ©ponses plus solides. Pour complĂ©ter cette approche sans promesse excessive, certaines plantes naturelles contre les moustiques peuvent participer Ă un amĂ©nagement extĂ©rieur plus agrĂ©able. Le bon dosage ne se mesure pas Ă la quantitĂ© de marc utilisĂ©e, mais Ă la qualitĂ© dâobservation du jardin.
Peut-on mettre du marc de café tous les jours sur les plantes ?
Non. Des apports quotidiens accumulent une matiĂšre fine qui retient lâhumiditĂ© et peut former une croĂ»te. Il est prĂ©fĂ©rable de sĂ©cher le marc, puis de lâutiliser ponctuellement en petite quantitĂ© ou de lâajouter au compost.
Quelle quantité de marc de café utiliser pour un hortensia ?
Une Ă deux cuillĂšres Ă soupe de marc parfaitement sec par pied, incorporĂ©es trĂšs superficiellement une fois par mois au printemps et au dĂ©but de lâĂ©tĂ©, suffisent dans une terre dĂ©jĂ adaptĂ©e.
Le marc de café est-il utile pour les tomates ?
Oui, sâil complĂšte une terre dĂ©jĂ enrichie en compost. Une petite poignĂ©e mĂ©langĂ©e Ă la terre lors de la plantation, puis une cuillĂšre Ă soupe par plant environ une fois par mois, est une dose raisonnable.
Pourquoi le marc de café moisit-il dans un pot ?
Le marc humide conserve lâeau et se compacte facilement en surface. Il faut le faire sĂ©cher, lâincorporer en quantitĂ© infime au terreau et vĂ©rifier que le pot possĂšde un drainage efficace.


